Filmfestival Locarno
Locarno, 05.08.2026 — Rede von Bundesrätin Elisabeth Baume-Schneider anlässlich der Eröffnung des Locarno Film Festivals 2026. Es gilt das gesprochene Wort.
Gentili Signore e Signori,
Vorrei cominciare questo discorso con qualche parola non in «Frühfranzösisch» o «Frühdeutsch», ma in «Frühitalienisch». Sì, perché anche se parliamo molto dell’insegnamento del francese e della sua importanza per la coesione nazionale, non dobbiamo dimenticarci dell’italiano. Come sottolineato più volte, in fatto di padronanza delle lingue nazionali, abbiamo davvero molto da imparare dai nostri compatrioti ticinesi. Ci tenevo a ricordarlo questa sera, all’apertura del Festival, dove sono molto lieta di ritrovarvi.
Les mots de l’actrice iranienne Golshifteh Farahani prononcés ici à Locarno il y a exactement une année, résonnent encore. Je cite: «Dans un monde de plus en plus divisé, lorsque les gens se rassemblent pour célébrer le cinéma, c'est eux qu'il faut célébrer.» Le Locarno Film Festival est l'une des plus belles expressions de cette conviction. Locarno est plus qu’un rendez-vous incontournable. C’est une vitrine du cinéma suisse, dans laquelle se reflète le cinéma mondial. C’est un carrefour culturel et économique international qui favorise le rayonnement du cinéma suisse. Fondamentalement, comme l’a si bien dit Golshifteh Farahani, c’est un lieu de rassemblement, un espace d’échange, de débat, et d’ouverture.
Isabelle Huppert, véritable icône du cinéma, affirme régulièrement: «Les films qu’on refuse sont plus importants que ceux qu’on ne fait pas». Elle met en relief, l’importance de l’exigence par rapport à la qualité, à l’intégrité artistique.
Revenons à Isabelle Huppert. Refuser un film est signe de courage. C’est en quelque sorte le prix de la liberté – celle-là même dont se nourrissent l’art et les artistes. Cette liberté, si centrale à la culture, ne va pas de soi. Si nous reconnaissons à quel point la liberté est infiniment précieuse, nous ne saurions passer sous silence qu’elle est fragile. Nous l’observons au quotidien, également dans certaines démocraties dites libérales qui pourtant musèlent leurs artistes. De l’autre côté de l’Atlantique, on observe à quelle vitesse les institutions culturelles ou académiques se retrouvent sous pression.
Comparaison n’est pas raison. Toutefois, il n’est pas anodin de rappeler que l’initiative visant à réduire de moitié le budget de la SSR, si elle avait été acceptée, aurait entraîné des conséquences désastreuses sur toute la branche du cinéma suisse. En la rejetant clairement, en mars dernier, l’ensemble des cantons et les citoyennes et citoyens n’ont pas seulement défendu un média de service public – vecteur de cohésion nationale, ils ont aussi défendu la création, la diversité culturelle et le cinéma suisse.
Und doch, meine Damen und Herren, ist die Geschichte des Films eine Geschichte, die von Wagnissen erzählt – und von der Suche nach Freiheit. Von den ersten Experimenten der Gebrüder Lumière bis zur Brandung der Nouvelle Vague; vom Autorenfilm der 1970er-Jahre bis zu den innovativsten Filmemacherinnen und Filmemachern von heute. Der Film hat immer Grenzen ausgelotet. Ästhetische, politische und gesellschaftliche Grenzen.
Die diesjährige Retrospektive des Festivals «Red & Black» über die berühmte amerikanische schwarze Liste der McCarthy-Ära ist heute leider von besonders grosser Aktualität. Es ist eine Retrospektive, die perfekt zum Locarno Filmfestival passt: einem Festival, das sich nie für den bequemen Weg entschieden hat oder einfach einer simplen Marktlogik gefolgt ist – sondern das stets mutig den unabhängigen, freien Stimmen eine Plattform geboten hat.
J’aimerais encore conclure en remerciant le Festival, sa présidente, Maja Hoffmann, et toutes les équipes pour cette très belle inspiration: celle d’avoir décidé de remettre ce soir son prix de l’excellence à Isabella Rosselini, une femme de convictions qui, depuis son enfance, a développé une véritable complicité avec le cinéma, l’écriture et les animaux, notamment. Isabella Rosselini, qui n’a cessé de s’engager pour la liberté et l’indépendance des femmes, a eu ces mots forts et stimulants: «L'imperfection me charme, les choses familières m'émeuvent... une célébration de ce que nous avons, au lieu de ce que nous désirons.»
Locarno est un festival de la liberté. Il laisse l'art respirer. Il nous invite à écouter avant de juger, à regarder avant de tirer des conclusions. Il laisse à l’art l’espace, les espaces dont il a besoin pour émouvoir, bousculer, rassembler, inspirer. Et si nous parlons de liberté, il en est une qui ne saurait être passée sous silence: celle pour les femmes de disposer de leur autonomie économique pour choisir librement leur métier, leur vie familiale, leur vie intime. Cette liberté dont jouissent les femmes de décider elles-mêmes n'est pas encore une réalité ici, chez nous en Suisse. Les dernières semaines nous l'ont cruellement rappelé. La violence à l'égard des femmes est un phénomène systémique. Et nous devons toutes et tous agir, à tous les niveaux, que ce soit institutionnel, personnel et collectif pour mettre fin à cette violence.
Vi ringrazio dell’attenzione e vi auguro un eccellente festival, pieno di incontri, scoperte, momenti di riflessione e felicità. E di ricordi fonte di energia e speranza.
